Le "Mateur d'art", c'est comme ça que je nomme ce bonhomme. Jusqu'à ce jour, il en existe 4 exemplaires.
le cARTon … ou la caricature obligée
« Art : le seul mot que sachent prononcer les carpes » (René Daumal)
Une mise en boîte
Le carton est un matériau dérisoire. La preuve : on le jette après déballage.
J’ai entrepris modestement d’inverser le geste en essayant de garder le contenant et de jeter le contenu.
Le carton convient bien aux sujets que j’aime traiter. Il souligne la part de vulgarité et de « vanité » dans l’objet de consommation, comme dans nos attitudes conformistes de consommateurs soumis : (a)mateurs d’art, installations (vidéo ou pas), collections passéistes hétéroclites, jeux de guerre régressifs etc.
Le projet n’est donc pas de lui offrir un procès en réhabilitation (on s’en est déjà chargé du côté des designers), quelque chose comme « regardez comme je suis précieux : je suis devenu chic comme un fauteuil! », mais plutôt l’inverse. Pas question de modifier son approche ordinaire: le carton est dérisoire, précaire, éphémère, et ce qu’il renferme ou ce qu’il révèle n’a pas grande importance, les ustensiles comme les objets d’art.
Surtout : qu’on me cache ce qui mériterait d’être vénéré, car je n’ai pas le goût des matières nobles.
Mais non, c’est pour rire :
En fait, le carton c’est trop joli ! Surtout quand il est bien lissé à l’aide des petits bouts de kraft gommé pour en justement gommer les aspérités et les défauts les plus gênants : vu de loin, c’est beau comme du bois ! Illusion d’optique ? : Tant mieux ! Il est ici justement question d’apparences, de regard, de modèle et de réplique, du réel et de ses copies.