blablart des mots pour des images

Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 12:40

...des mots sur des images:

 

Tableau de chasse (ou chasse au tableau ?).

 

Mon travail cherche à rendre compte essentiellement de notre rapport à l’art (c'est-à-dire, pour moi, la recherche d’une appréhension tangible du monde) et à ses représentations. Parmi ces représentations les plus habituelles il y a le tableau, ce morceau d’espace vertical suspendu au mur, avec de la peinture dessus, qui a nourri pendant plusieurs siècles depuis son invention notre besoin d’images. Cet espace d’expression est aujourd’hui plutôt dépassé, abandonné par les artistes au profit d’autres formules, mais il continue d’alimenter notre imaginaire, il fait partie de notre culture.

Comme beaucoup d’artistes d’aujourd’hui, j’ai placé l’objet au centre de ma pratique. L’objet que j’ai choisi pour modèle d’interrogation est précisément le tableau, c’est pourquoi mes bricolages de carton préfèrent s’accrocher au mur en imitation, conservant vaguement l’allure et les dimensions du tableau ordinaire, jouant avec ses principes d’illusion (la perspective, l’ombre et la lumière, le relief) pour s’évaluer en mystification, en séduction…ou bien au contraire.

La série des Fantômes au bic et celle des Correspondances (cartes postales) jouent à faire se caramboler plusieurs images exogènes. Pour les Fantômes ces images sont prélevées presque au hasard dans le fatras de l’iconographie de l’art.

Les  Forêts lorgnent du côté des bas reliefs des monuments anciens mais elles font références aussi aux prédelles peintes de la peinture primitive, tout comme la série des Jeannots. Pour les Bondages, l’évidence se passe de légende : le tableau s’y exhibe, s’y soumet à la torture « corps et âme ». Et comme on finit toujours par parler du corps, éternel sujet, la série des Trophées (Cabinet d’Actéon), s’y confronte plus objectivement, sans fard, avec le clin d’œil ironique minimum de placer ce corps en trophée ou massacre qu’on accroche au mur pour décorer d’autres espaces de la vie des hommes : les salles de chasse.

 

Par BOIN - Publié dans : blablart des mots pour des images
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 14:14

 

Le Cabinet d’Actéon / série des « Trophées »

Photo, carton, colle, kraft gommé 

 

(Série en cours, présentée une première fois pour l'expo au château de St Jean le Blanc. Du 06 au 12 avril 2011)

 

   

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 Modèles, forêts, photos, carton et kraft gommé.

   

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La série, le Cabinet d’Actéon (série des Trophées), dont le prétexte et le décor sont toujours la forêt, laisse une place plus descriptive aux fantasmes et aux légendes. La part de sensualité déjà assumée par le carton (la peau), y trouve un écho du côté d’un érotisme plus direct.

 

Le chasseur Actéon, égaré au plus profond de la forêt surprend la déesse Diane pendant son bain. Furieuse, celle-ci, lui lance un sort en l’aspergeant d’un peu d’eau « et maintenant, libre à toi d’aller raconter, si tu le peux, que tu m’as vue sans voile ! ». Aussitôt il se transforme en cerf. Alors ses chiens se jettent sur lui et le dévorent.

 

D’après le mythe d’Actéon (Métamorphoses d’Ovide),

Chaque photo montre un personnage féminin photographié nu dans la forêt. Le trophée consiste dans l’aventure partagée avec le modèle, la photo rapportée. Un moment de réalité vécu, puis figé en relique « et maintenant, libre à toi d’aller raconter, si tu le peux, que tu m’as vue sans voile ! ».

 

 

Les artistes ont l’habitude de puiser dans la mythologie pour faire poser les nymphes parmi les satyres. Les modèles offerts régalent l’hypocrite au salon. Au temps des peintres « pompiers », lorsque Manet dénonce la supercherie avec le Déjeuner sur l’herbe, en replaçant l’érotisme sous l’œil du voyeur démasqué, il fait naturellement scandale. C’est encore cette démarche de présentation des pièges ordinaires de l’image esthétique (artistique ?) que je cherche à vérifier aujourd’hui avec ce travail, en assumant toute son ambiguïté et en tentant de jeter une passerelle entre le réel et sa fiction au dessus du prétexte.

 

Le mythe d’Actéon, largement revisité par l’art des XVIè et XVIIè siècles, reste pour moi la plus puissante métaphore pour évoquer les risques de l’image, le danger du regard. Le chasseur peut y laisser sa « peau ». Ou un morceau de carton.

 

Par BOIN - Publié dans : blablart des mots pour des images
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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 11:50

 

Jeannot expose ses goûts, ses dégoûts, ses états d’âmes et ses tracas. Il mélange tout, l’histoire de l’art, la vie quotidienne…Sa pauvre petite caboche de carton ne lui permet aucun distinguo, aucune hiérarchie. Un déballage futile qui ne met en relief que la médiocrité de ses soucis locaux.

Jeannot est un idiot.

 

 

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Les aventures de Jeannot : 

Reliefs en carton. Série en cours.

Jeannot et la dame de Fontainebleau. Jeannot et le Mondrian. Jeannot et le dragon. Jeannot et l'huissier...la suite sur l'album photo (icône de droite).

 

 

Par BOIN - Publié dans : blablart des mots pour des images
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